À l’image des deux dernières saisons, les Gee-Gees devaient se servir de ce week-end pour oublier la Classique de la capitale. Pour oublier une autre défaite aux mains de Carleton. Après avoir retrouvé le chemin de la victoire vendredi en battant Ryerson 82-73, Ottawa s’est vite débarrassé du souvenir amer du revers.
Et samedi, ces souvenirs ont laissé place à d’autres, à tous ceux qui entourent deux grands joueurs de l’Université, dont le plus grand de l’histoire du programme. L’an dernier, il fallait dire adieu à Dax Dessureault et David Labentowicz, entre autres. Samedi, c’était au tour de Josh Gibson-Bascombe et Donnie Gibson de dire adieu à la foule du pavillon Montpetit à l’occasion du dernier match de la saison régulière à domicile. Mais si tout va bien pour le Gris et Grenat, les partisans devraient revoir au moins une fois ces joueurs à domicile en séries, puis, pas très loin, à la Place Banque Scotia lors des Nationaux. On l’espère.
Quoiqu’il en soit, Ottawa (14-3) a fait les choses en grand pour saluer une première fois le départ de ces étoiles. Ils ont dominé une rencontre de bout en bout pour renverser Toronto (7-9) 89-69. Si cette partie étaient dédiée à JGB (19 points) et au petit joueur de Kingston, en Jamaïque (11 points), elle a porté l’empreinte d’un futur grand, Warren Ward.
Comme il l’avait fait l’an dernier lors du dernier match de Dessureault et Labentowicz, Ward a tout donné pour ses coéquipiers et mentors. WW a atteint un sommet personnel en marquant 38 points et en ajoutant 10 rebonds. Plus impressionnant encore, il a inscrit 25 des 44 premiers points de son équipe. Ça, c’est une autre performance qui prouve que ce petit grand jeune, encore verte recrue l’an dernier, est plus que prêt à porter le flambeau et que, pour lui, les souliers laissés par JGB et Gibson ne seront pas trop durs à remplir.
Car déjà cette année WW talonne le meilleur joueur de l’histoire d’Ottawa. Dave Deaveiro est le seul entraîneur du SUO à avoir deux joueurs au sein des 10 meilleurs marqueurs. JGB, cinquième, a dépassé Alex McLeod tôt cette année pour devenir le pointeur le plus prolifique des Gee-Gees. Mais WW, septième, est en voie de porter à son tour cette équipe sur ses épaules et, peut-être, dépasser celui qu’on a honoré samedi.
Quant à Gibson, c’est le genre de joueur, plus que humble, qui fait son travail à merveille, dans l’ombre de tous. Ce ne sera pas celui qui se distinguera par ses frasques, mais celui qui réussira un tir du centre-ville au meilleur des moments. Je n’ai pas encore vu un joueur du SIC avoir autant de succès que lui à l’extérieur du demi-cercle. Quoiqu’il en soit, lui et JGB ne souhaiteront qu’une chose cette année, remporter un honneur non pas individuel, loin de là, mais un trophée en équipe. Le seul qui ferait véritablement de JGB le plus grand meneur de jeu ottavien.